"Se não te agradar o estylo,e o methodo, que sigo, terás paciência, porque não posso saber o teu génio, mas se lendo encontrares alguns erros, (como pode suceder, que encontres) ficar-tehey em grande obrigação se delles me advertires, para que emendando-os fique o teu gosto mais satisfeito"
Bento Morganti - Nummismologia. Lisboa, 1737. no Prólogo «A Quem Ler»

quarta-feira, 27 de abril de 2011

226ème Anniversaire de John James Audubon



Pour mes amis français



Jean-Jacques Audubon

"La nature elle-même disparaît et la cupidité de l'homme éliminera bientôt du Labrador non seulement l'homme mais tout être vivant". écrit-il dans son journal en 1833.

"Audubon aurait été partout ailleurs un grand philosophe, un grand orateur, un grand poète, un grand homme d'Etat, un Jean-Jacques Rousseau, un Montesquieu, un Chateaubriand. Là il n'a pu être qu'un naturaliste, un peintre et un descripteur d'oiseaux d'Amérique, un Buffon des Etats du Nord, mais un Buffon de génie, passant sa vie dans les forêts vierges (...) et écrivant avec l'enthousiasme de la solitude quelques pages de la grande épopée animale de la création."  (Lamartine, Cours familier de littérature, Paris, 1865)

Jean-Jacques Audubon (ou John James Audubon aux États-Unis), est né le 26 d’avril de 1785 aux Cayes, à Haïti, fils illégitime d'une immigrée française et d'un capitaine au long cours protestant et d'origine bretonne, Jean Audubon, qui possédait dans l'île des plantations et des esclaves.


John James Audubon, wood engraving from Gleason's Pictorial; 1854.
© Library of Congress

Il se passionne très jeune pour l'histoire naturelle. Il est élevé en France, à Nantes et non loin de là à Couëron, par sa belle-mère, Anne Moynet Audubon.

En 1803, son père lui obtient un faux passeport qui lui permet de se rendre aux États-Unis et échapper ainsi à la conscription en vigueur en cette période de guerres napoléoniennes. Pendant le voyage, il contracte la fièvre jaune.

Le capitaine du bateau le débarque alors dans une pension dirigée par des femmes quakers qui le soignent, le guérissent, et lui enseignent l'anglais particulier des quakers.

Il devient contre-maître dans une ferme près de Philadelphie et commence à étudier l'histoire naturelle en dirigeant la première opération de baguage du continent.

Jean-Jacques arrivé au Nouveau Monde se prend de passion pour ce continent inexploré, le dernier de la planète.

Après plusieurs années de succès commerciaux en Pennsylvanie et dans le Kentucky, il fait faillite, ce qui l'incite à poursuivre avec plus d'ardeur son étude de la nature et sa pratique de la peinture.


Ruffed Grouse (Bonasa umbellus)

Il descend le Mississippi avec son fusil, sa boîte de couleurs et son assistant, dans l'intention de trouver et de peindre toutes les espèces d'oiseaux d'Amérique du Nord.

Il mène à partir de 1810 une vie errante de chasseur et conçoit le projet qui va occuper le reste de son existence : repérer, observer, peindre, décrire tous les oiseaux du continent nord-américain.

Ce naturaliste et peintre américain d'origine française, naturalisé en 1812, est considéré comme le premier ornithologue du Nouveau Monde.


John James Audubon - chasseur

Il y mettra trente ans. Trente années de vie au fond des bois, dans les bayous, sur les rivières et les montagnes, parmi les trappeurs et les derniers indiens. Trente années de voyages, de la Floride au Labrador, des Carolines aux Rocheuses, à cheval, sur les premiers bateaux à vapeur et le plus souvent à pied ou en canoë.


Red-headed duck (Fuligula Ferina)

La dernière planche des Oiseaux d'Amérique (Birds of America) sortira des ateliers de son graveur à Londres en 1839.

En 1826 il débarque à Londres avec son portfolio. Les Britanniques ne se lassent pas des images d'une Amérique sauvage et pleine de forêts. Son succès est immédiat. Il est fêté comme «l'homme des bois américain» et récolte suffisamment d'argent pour publier Les Oiseaux d'Amérique (Birds of America) entre 1830 et 1839. (1)


American Egret (Casmerodius Albus)

Son ouvrage, remarquable par l'exactitude des détails et par la beauté de l'exécution, se compose de quatre volumes contenant 435 planches grandeur nature peintes à la main.


Bachman's Warbler (Vermivora bachmanii)

435 planches au format "double-éléphant-folio" (39"1/2 x 29"1/2 soit 100 cm x 75 cm) représentant tous les oiseaux du continent nord-américain avant la destruction de nombreuses espèces par les conquérants de l'Ouest. Le succès des Oiseaux d'Amérique (Birds of America) est lié à leur qualité à la fois artistique et naturaliste, et surtout à l'amour d'Audubon pour la "tribu à plumes", qui rayonne de ces immenses aquarelles.

Le roi George IV compte parmi ses admirateurs enthousiastes.


Le roi George IV
Portrait par Sir Thomas Lawrence (1816)

Alors qu'il se trouve à Édimbourg à la recherche de souscriptions pour son livre, il fait une démonstration de sa manière d'utiliser des fils pour déployer les oiseaux devant la Wernerian Natural History Association du professeur Robert Jameson.

Un étudiant nommé Charles Darwin fait partie du public.


Charles Darwin

Il visite également la salle de dissection de l'anatomiste Robert Knox, peu avant l'association de Knox avec Burke et Hare. Il adjoint à ses Oiseaux d'Amérique les Biographies ornithologiques (Édimbourg, 1831-1839, 5 volumes in-8), qui contiennent la description de la vie de chaque espèce représentée. Cet ouvrage est rédigé en collaboration avec l'ornithologue écossais William MacGillivray.

John James Audubon poursuit ses expéditions en Amérique du Nord et achète une propriété sur l'Hudson, aujourd'hui Audubon Park.


King Rail (Rallus Elegans)

En 1842, il publie aux États-Unis une édition populaire des Oiseaux d'Amérique.

De retour dans sa patrie, il entreprend, avec le concours du docteur John Bachman (1790-1874), la description des mammifères, les Quadrupèdes vivipares d'Amérique du Nord, qui paraît à New York en 1850. Le livre est achevé par ses fils et sa femme.


John James Audubon

John James Audubon mort le 27 janvier 1851 à New York, est enterré au cimetière de Trinity Churchyard, au croisement de la 155e Rue et de Broadway, dans le quartier de Harlem à New York, où se trouve un imposant monument érigé en son honneur.

 
Northern Bobwhite (Colinus virginianus)



Bonsoir et bonne lecture.


Note:

(1) Le 7 décembre 2010, un exemplaire de Birds of America s'est vendu 8,6 millions d'euros chez Sotheby's, à Londres. Un autre exemplaire avait déjà été adjugé pour 7 millions d'euros en 2000.


Sources consultées:

Jean-Jacques Audubon, le peintre des oiseaux

Les oiseaux d’Amérique – Une visite virtuelle du catalogue complet des Oiseaux d’Amérique, réalisée par le Musée de la Civilisation du Québec :

Wikipédia – Jean-Jacques Audubon :


2 comentários:

Bertrand disse...

Merci beaucoup pour ce bel et bon article en bon français ! Ce qui aide beaucoup à la lecture quand on ne lit pas le portugais...

Bonne soirée Rui,
Amitiés,
Bertrand

rui disse...

Audubon est un thème inépuisable.
"Birds of America" c'est un livre que tous les bibliophiles aimeront le posséder, mais...il y a son prix !