"Se não te agradar o estylo,e o methodo, que sigo, terás paciência, porque não posso saber o teu génio, mas se lendo encontrares alguns erros, (como pode suceder, que encontres) ficar-tehey em grande obrigação se delles me advertires, para que emendando-os fique o teu gosto mais satisfeito"
Bento Morganti - Nummismologia. Lisboa, 1737. no Prólogo «A Quem Ler»

sábado, 16 de junho de 2018

Victor Hugo – Châtiments : un peu d’histoire (1)



Victor Hugo

Les Châtiments (ou Châtiments, sans article, conformément à l’editio princeps) est un recueil de poèmes satiriques de Victor Hugo, publié en septembre 1852.

À la suite du coup d'État du 2 décembre 1851 qui voit l’arrivée au pouvoir de Louis-Napoléon Bonaparte, Victor Hugo s’est exilé. Ces vers sont, pour le poète, une arme destinée à discréditer et renverser le régime de Napoléon III auquel Victor Hugo voue une fureur vengeresse et un mépris sans bornes.

Victor Hugo a l’habitude de prendre le titre comme fil conducteur de ses recueils (comme pour Les Orientales ou Feuilles d’Automne) et Les Châtiments ne déroge pas à la règle.


Dessin d’Honoré Daumier, hommage aux Châtiments de Victor Hugo
(terrassant l’aigle impérial).

Dans une lettre adressée à l'éditeur Pierre-Jules Hetzel, datée du 7 septembre 1852 et dans laquelle il lui annonce la rédaction des Châtiments pour dénoncer le coup d’État de Napoléon III, Victor Hugo écrit : « J'ai pensé qu'il m'était impossible de publier en ce moment un volume de poésie pure. Cela ferait l'effet d'un désarmement, et je suis plus armé et plus combattant que jamais » (1)






HUGO,  Victor – Châtiments. Genève & New-York 1853, 7x10,5 cm, relié. Edition originale complète. (2)





Reliure en plein maroquin rouge, dos à cinq nerfs orné de doubles caissons dorés, roulettes dorées sur les coiffes, encadrement de quintuples filets dorés sur les plats, gardes et contreplats de papier à la cuve, encadrement d'une dentelle dorée sur les contreplats, pointillés dorés sur les coupes, coins légèrement émoussés, tête dorée.
(©Librairie Le Feu Follet)



HUGO,  Victor – Châtiments. 1854, s.n. d’éditeur, Londres et Bruxelles, 1 vol. in-16, (13 x 10 cm) ; titre, 356 pp. (3)



Reliure d'époque en demi-veau bleu nuit, dos lisse orné de filets dorés, auteur et titre dorés. Infimes frottements aux mors. Débuts de fente en tête du mors supérieur et en pied du mors inférieur. Édition clandestine de ce recueil à l'encontre de Napoléon III, sans nom d'éditeur, imprimée par A. Dair à Londres, un an après la première édition officielle (Bruxelles, Henri Samuel, 1853) et la seule édition originale reconnue par l'auteur (Bruxelles, Henri Samuel, 1853 également, mais avec uniquement la mention "Genève et New York"), commençant par "Nox" et s'achevant par "Lux" et "La Fin"
Librairie Raphaël Thomas – Rennes, France)

Les Châtiments se donnent pour tâche de dénoncer deux crimes : le dix-huit Brumaire et le coup d’État du deux décembre commis par Louis-Napoléon Bonaparte — le second crime étant la suite du premier (L'Expiation et Fable ou histoire).


Portrait du président Louis-Napoléon.

Le dix-huit Brumaire est un crime contre la France car Bonaparte a pris le pouvoir par la violence. Le 2 décembre est un crime à cause de la violence des répressions (Souvenir de la Nuit du 4, II, 3 ; Pauline Roland, V, 11), parce que Louis Bonaparte est parjure (il avait juré fidélité à la Deuxième République) et parce qu’il viole les lois de la République (Nox).

La parole poétique dénonce le crime en parlant. L’acte de verbalisation est dénonciation (Ultima Verba : même les derniers alexandrins sont dénonciation et attaque contre Louis Bonaparte).

La parole poétique devient parole du peuple : Victor Hugo parle par exemple pour la grand-mère dont le petit-fils a été tué (Souvenir de la Nuit du 4). La parole poétique parle aussi pour le Peuple, pour lui redonner courage même dans les épreuves (eschatologie de Lux).


Victor Hugo lisant devant un mur de pierre, par Auguste Vacquerie 1853 (?)

Mais lisons aussi cet extrait de la notice rédigée par de Marie-Luce Colatrella sur la Genèse des Châtiments, pour le site www.lettres.net.

« En 1850, Hugo n'a pas encore l'idée des Châtiments, mais il écrit déjà certains poèmes qui trouveront place dans le recueil « O Drapeau de Wagram », « A des journalistes en robe courte » ou « Un autre». Après le coup d'état, c'est en prose qu'il pense combattre le régime. Dans le pamphlet Napoléon-le-Petit, publié le 5 août, les différents personnages des Châtiments, Dieu, le peuple et Napoléon sont déjà présents, mais il reste à Hugo à découvrir le personnage du poète seul sur son rocher, face à l'océan. Cependant Hugo songe à publier Les Contemplations qui comprendraient une partie consacrée au passé et « un deuxième volume : Aujourd'hui, flagellation de tous ces drôles et du drôle en chef ». Ce volume devient indépendant; Hugo annonce à son éditeur Hetzel 1600 vers dont le titre serait Les Vengeresses. En novembre 1852, il écrit « Nox », puis « l'Expiation » et « Lux » en décembre : l'architecture du recueil est trouvée; le titre définitif, « Châtiments » est choisi en janvier 1853. Mais Le 24 novembre le recueil est publié en deux éditions, l'une expurgée, avec l'indication : « Bruxelles, Henri Samuel », l'autre complète, sans nom d'éditeur et avec la mention : « Genève et New-York ». C'est un très petit format in 32° (plus petit qu'un livre de poche) destiné à faciliter la circulation de l'ouvrage. On se l'arrache. »


Victor Hugo : Impératrice (1869)

Travaillant à une édition augmentée de ses Châtiments, Victor Hugo, encore en exil, compose cette petite pièce vipérine contre l’impératrice, mais décide de la garder secrète. (4)


Publicité des Annales 5 novembre 1911

A ce propos je signale l'édition spéciale Victor Hugo  par La maison Nelson qui ayant acquis les droits de reproduction des œuvres de Victor Hugo, les publie dans le même format que sa « collection » si répandue. (5)


HUGO, Victor – Les Misérables (Plaquette I)


Les œuvres sont illustrées de gravures par des artistes éminents. «C'est ce que l'on pouvait lire sur un signet publicitaire et que l'on retrouve au dos des jaquettes des premiers volumes édités. »


Publicité pour l’édition de Victor Hugo

Selon l'éditeur : «Ce qui avait manqué jusqu'ici à la diffusion et au rayonnement de la pensée de Victor Hugo, c'était une édition populaire de ses œuvres. Ironie de la destinée littéraire ! Celui qui est par excellence le poète des humbles est resté jusqu'ici inaccessible aux humbles par le prix inabordable de ses livres, il a été condamné à rester le poète des classes aisées. La France a comblé d'honneurs le grand écrivain. Elle a érigé à sa gloire des monuments somptueux. Il y a un monument qu'elle à oublié de lui ériger, le seul qui puisse tenir lieu de tous les autres et qu'aucun autre ne remplace : une édition vraiment nationale, c'est-à-dire une édition accessible à la nation toute entière. »


HUGO, Victor – Les Châtiments

Pour le lancement des œuvres complètes de Victor Hugo, les éditions Nelson offraient gratuitement une brochure écrite par Charles Sarolea, directeur de la section française et romane à l'Université d'Edimbourg et directeur éditorial des éditions Nelson pour la France.

Le recto, le verso et le rabat intérieur forment une seule image représentant un tableau de Puvis de Chavannes.


Victor Hugo – Brochure de Charles Sarolea

Cette brochure est consultable dans son intégralité ici

Nous reviendrons sur ce thème pour parler des plaquettes pré-originales de Châtiments.

Sources : 
1. Wikipedia  – Les Châtiments
2. Librairie Le Feu Follet | édition originale.com
3. AbeBooks.fr.
4. Bibliothèque de la Fondation Martin Bodmer
5. Nelson’s Collections – Les Collections Editées en France entre 1910 et 1964 

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